La frustration

Ha la frustration...

 

Un rien pouvait / peut créer un état de frustration...

Un simple non me brisait le cœur.... non, ce n'était pas un caprice, c'était pour moi réellement douloureux...

La frustration est une sensation douloureuse physiquement, je parle au présent car ça l'est toujours pour moi... quelque soit la frustration (un refus, l'attente d'une action, d'une date, sexuelle ou même le fait d'avoir un secret "à date d'expiration"), cette sensation, est affreuse, elle prend aux tripes, aujourd'hui je sers les dents, ne dors pas, laisse parler certaines manies (m'acharner sur ma vaisselle, mon ménage, me balancer légèrement sur mon siège, balancer une jambe, un pied dans mon lit ou frotter ma main contre les draps... parfois, c'est mordre ma langue ou ma lèvre et j'en passe).

Petite, je me griffais les bras, les jambes, parfois à sang, je le faisait car j'arrivais à dégager la douleur de cette frustration en me faisant mal... à mes yeux, la "réelle" douleur physique est pour moi plus simple à supporter que cette douleur qui pour moi est aussi physique mais d'une façon que je n'arrive pas à expliquer. Il m'arrivait même de cogner l'arrière de ma tête contre le mur au fur et à mesure de mes balancements sur moi même, en pleurant assise par terre. Il m'arrive encore de le faire, mais de façon bien moins violente (car je maitrise tout de même mes crises d'angoisse ?).

Mes parents ne savaient plus quoi faire lorsque j'entrais dans de telles crises... je les vois me serrer fort dans leurs bras, et moi me débattre pour faire les choses qui me calmaient.. j'ai appris plus tard que la musique, m'aidait à calmer mes crises, et à réguler ma respiration. Mon grand frère, lorsqu'il était l'acteur principal de mes colères, se moquait de mon comportement, ce qui me rendait encore plus triste car c'était plus fort que moi, presque des spasmes, il fallait que je fasse ça pour me calmer... et m'appelait "l'autiste" pour m'insulter, ce qui à l'époque était pour moi une réelle insulte vu l'intonation qu'il employait lorsqu'il me le disait. Aujourd'hui, pour avoir rencontré des personnes atteintes d'autisme, travaillé avec quelques enfants atteints à différents degrés d'autisme, avoir fréquenté une personne avec le syndrome d'Asperger (qui à mes yeux est la personne la plus pure et gentille que je n'ai jamais connu), je me rend compte que l'autisme, au delà du fait qu'il soit handicapant à certains moments, pour certaines personnes et leur famille, ce n'est pas une "tare", pas une insulte.

 

Aujourd'hui encore, je fais des crises de colères (très rarement heureusement), lorsque la frustration est bien trop grande... je vais avoir besoin de tout envoyer valser autours de moi puis je vais m'assoir pleurer et me balancer en me grattant les bras ou jambes, bien entendu, je ne cherche plus vraiment à me faire mal, mais ça procure chez moi comme une sorte de cocon rassurant, je n'entend plus rien autours de moi et je me concentre sur ma respiration.. Lorsque je fais des crises de panique (la plupart du temps le soir), j'ai les mêmes réactions et je compte mes inspirations qui sont au début très rapides et courtes. J'essaie de ne pas penser à cette tête qui tourne, ces muscles qui se crispent et ces membres qui tremblent... 

Lorsque ça me prend, je me sens honteuse, triste... je déteste cette façon d'être mais je m'y suis résignée.

Écrire commentaire

Commentaires: 0